TDAH, trouble Dys, Autisme : comment accompagner son enfant neuroatypique ?
- Comment les enseignants sont-ils formés ?
Chaque enseignant suit au minimum trois formations collectives obligatoires par an, lors des journées pédagogiques organisées par son établissement. Mais elles ne portent pas nécessairement sur l’inclusion et les thématiques sont souvent imposées par le ministère de l’Éducation nationale. « Ces derniers temps, on était plutôt sur l’intelligence artificielle ou la laïcité », témoigne Rémy Strippoli. Le reste du temps, c’est au chef d’établissement de choisir les formations dont il souhaite faire bénéficier les enseignants parmi les listes proposées par les organismes de formation.
Les enseignants peuvent également suivre des formations individuelles, mais « c’est la responsabilité du chef d’établissement de les encourager à le faire quand il observe un besoin », précise Rémy Strippoli.
- Existe-t-il des formations à destination des parents d’élèves ? Comment échanger entre parents concernés ?
La Fédération française des Dys propose une carte interactive regroupant des associations locales. « La plupart propose des formations pour les parents », assure Rémy Trippoli. Pour accompagner un enfant dys, Elvire Cassan conseille également de s’abonner à des groupes de parents concernés sur les réseaux sociaux « pour échanger des conseils et se sentir moins seul ».
À destination des parents d’enfants avec un trouble de l’attention avec hyperactivité (TDAH), la méthode Barkley a été recommandée par la Haute Autorité de Santé. L’offre de formation est large mais peu accessibles financièrement. Il faut être vigilant car les tarifs proposés sont très variables.
Pour apprendre à accompagner un enfant autiste, Elvire Cassan conseille de se tourner vers les CRA (Centre Ressource Autisme). Ces structures régionales organisent généralement des groupes de parole pour les parents.
Enfin, l’Apel d’établissement est là pour soutenir les parents. « Il est envisageable d’organiser un café des parents ou d’inviter une psychologue… Cela permet de faire corps », conseille Rémy Strippoli.
- Que faire si l’enseignant ne met pas en place les aménagements ? Que prévoit la loi ?
La mise en œuvre des aménagements scolaires est encadrée par la loi de 2005 pour l’égalité des chances et le Code de l’éducation, mais il arrive « très fréquemment » qu’ils ne soient pas respectés, d’après Elvire Cassan. Avant d’entamer des procédures juridiques – justifiées mais lentes et coûteuses – il vaut mieux commencer par contacter le chef d’établissement. Souvent, selon Rémy Stripoli, les aménagements ne sont pas appliqués « parce que les enseignants ne sont pas formés, peu sensibilisés, ou qu’ils sont dépassés et qu’ils ont besoin d’être accompagnés. » Il est ensuite possible d’interpeler un médiateur, comme les médecins scolaires via les Pôles inclusifs d’accompagnement localisé (Pial). Si la situation reste bloquée, il est possible d’alerter l’académie ou de saisir le défenseur des droits.
- Que faire en attendant que le diagnostic soit posé ?
Constituer un dossier médical et poser un diagnostic peut prendre plus d’un an. Pendant ce temps, vous pouvez demander à l’établissement de monter un Programme personnalisé de réussite éducative (PPRE). Selon Rémy Stippoli, « il est également possible de monter un PAP [Plan d’accompagnement personnalisé, ndlr.] sur avis du médecin traitant, même si c’est toujours mieux avec le bilan d’un médecin spécialisé ».
Les parents doivent aider leur enfant à déculpabiliser. Pour cela, ils peuvent notamment « identifier où il est bon, ailleurs qu’à l’école, pour qu’il garde confiance en lui, l’amener voir un psychologue et communiquer avec son établissement pour bien l’entourer », explique Elvire Cassan. Les parents peuvent également commencer à s’informer sur les méthodes d’apprentissages adaptées à leur enfant. Mère d’élève concernée, Elvire Cassan énumère ses astuces : « on peut commencer par séquencer le travail, mettre en place un système de récompense… ». Pour travailler le français elle recommande, par exemple, d’utiliser un code couleur pour identifier les sons, ou encore d’apprendre l’alphabet avec Les alphas pour identifier les formes des lettres. Enfin, en mathématiques, la méthode « multimalin » peut aider l’enfant à apprendre ses tables de multiplication.
Retrouvez également le replay du Rendez-vous de l'inclusion suivant, diffusé le jeudi 5 février : "ULIS ou SEGPA : le choix d'une orientation"
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