Notre société est dominée par des ambivalences et des contradictions. Hyperconnectés, en lien avec le monde entier, les jeunes éprouvent un sentiment d’isolement qui persiste et s’aggrave depuis la crise du Covid. Les Français sont nombreux à parler de « solitude chronique », quel que soit leur âge ou leur lieu de vie. S’ils apprécient le télétravail, la moitié de ceux qui l’ont choisi, reconnaissent que cela accentue leur sentiment de solitude. Comme si un conflit d’intérêt s’installait au fil du temps entre le moi et le nous. L’individu d’un côté, le collectif de l’autre. Le repli sur soi, comme la réponse aux soubresauts d’un monde chaotique. L’autre est-il une promesse ou une menace ? « Je n’apprends que de l’autre », écrivait le philosophe Paul Ricœur, une phrase à méditer pour éviter le repli sur soi et la méfiance à l’égard de ceux qui ne me ressemblent pas. Comme s’ils risquaient de me prendre ce qui m’appartient. Que souhaitons nous ? Nous mettre à l’écart et laisser la violence et la haine triompher ? Ou résister et garder confiance en l’humanité pour bâtir un monde où chacun aura sa place.