À l’occasion de la Fête de la science 2026, démêlons le vrai du faux. Oui, les jeunes aiment les sciences. Et non, les lycéens ne sont pas nuls en maths. Trois experts expliquent ce que cachent vraiment les chiffres.

Les jeunes n’aiment pas les sciences

FAUX. Le niveau des élèves en mathématiques poursuit sa chute, a révélé l’enquête PISA 2025. Les Français de 15 ans ont même obtenu un résultat inférieur à celui de la moyenne des pays de l’OCDE. Ce dont on parle moins, c’est que « les sciences sont épargnées dans ce classement international très inquiétant », remarque l’analyste à l’OCDE Éric Charbonnier. Les résultats sont largement supérieurs à ceux en mathématiques et ils se maintiennent . Selon l’expert, « les élèves français prennent beaucoup de plaisir à faire des sciences » car l’enseignement est plus pratique : les élèves aiment les manipulations et les expériences scientifiques. 

Les spécialités scientifiques sont privilégiées par les élèves

VRAI. Trois des quatre spécialités les plus choisies par les élèves de première sont scientifiques. Paradoxalement, la spécialité Mathématiques est la plus choisie, par 66 % des élèves. « Les lycéens ont conscience que les maths sont importantes mais on ne sait pas s’ils sont nombreux à choisir cette spécialité parce qu’ils aiment en faire, ou parce qu’elles sont nécessaires à leur orientation » explique Simon Modeste, enseignant-chercheur en didactique des mathématiques à l’université de Montpellier. Ensuite, 45,6 % des élèves sélectionnent la spécialité Physique-chimie et 40,1 % la spécialité Sciences de la vie et de la Terre.

Les mathématiques font peur aux élèves

VRAI. Si 66 % des élèves choisissent la spécialité Mathématiques en première, cela signifie aussi 44 % d’entre eux n’en font plus du tout. « Pourtant, jusqu’au milieu du collège, les jeunes aiment bien faire des maths », assure le mathématicien qui s’appuie sur les résultats de l’enquête nationale TIMSS qui illustre le désamour progressif des élèves. Au collège, le programme se complexifie : algèbre, fonctions, statistiques… « Il y a un formalisme autour des mathématiques qui les rend austères », reconnait la mathématicienne Mélanie Guénais, également présidente du collectif Maths&Sciences. Selon elle, les mathématiques deviennent également une « discipline de sélection, ce qui crée des blocages chez les élèves ». 

Les filles n’ont pas la bosse des maths

FAUX. La sélection en maths nourrit l’autocensure des élèves, en particulier des filles. 43% d’entre elles ne font plus de mathématiques en première, contre 23% des garçons. Cela n’est pas dû à un manque de compétence, mais relève « de biais d’orientation genrés ancrés depuis longtemps », contre lesquels elle lutte avec le collectif Maths&Sciences. Les filles se tournent moins vers les sciences plus abstraites, telles que les mathématiques, l’ingénierie ou l’informatique. Elles investissent davantage les matières scientifiques qui étudient la nature et de l’être humain. Les effectifs sont à peu près paritaires dans la spécialité Physique-chimie et les filles sont majoritaires en spécialité Sciences de la vie et de la Terre. Nous aurons l’occasion d’analyser ce phénomène plus en détail au cours du mois d’octobre, que nous dédions à la Science.